Les faîtières nationales Pink Cross, LOS, TGNS et InterAction saluent l’adoption par le Conseil fédéral du plan d’action contre la violence et les crimes de haine anti-LGBTIQ. En 2025, 309 crimes de haine ainsi que de nombreuses attaques locales et nationales contre l’égalité et l’autodétermination ont été recensés. Afin de réduire le nombre de cas de violence et de crime de haine de manière efficace et durable, il est indispensable de conduire des actions à échelle nationale sur trois niveaux : des mesures contraignantes, un budget solide et une stratégie anticipative pour faire face aux attaques et hostilités coordonnées.

Muriel Waeger (elle), Autor:in de Muriel Waeger (elle) | 28.01.2026

Les faîtières nationales LGBTI Pink Cross, l’Organisation Suisse des Lesbiennes (LOS), TGNS et InterAction saluent la communication du Conseil fédéral ainsi que sa position claire en faveur de la lutte contre la violence et les crimes de haine visant les personnes LGBTIQ. Elles se félicitent également de la collaboration constructive avec les autorités fédérales dans le cadre de l’élaboration du plan d’action présenté.

Le plan constitue une étape politique majeure. La Suisse se positionne, tant au niveau national qu’international, comme précurseure en matière de sécurité et d’égalité. Les organisations saluent ce positionnement, mais expriment une vive inquiétude face à l’absence de mesures contraignantes et de financements pérennes pour une mise en œuvre effective du plan d’action. Sans cadre contraignant, sans protection proactive contre les attaques coordonnées et sans ressources suffisantes, les objectifs déclarés risquent de rester purement symboliques.

Selon le dernier rapport de la Helpline LGBTIQ, 309 crimes de haine ont été recensés en une seule année. Ces chiffres alarmants montrent clairement que la violence anti-LGBTIQ n’est pas marginale et que la réponse de la Confédération doit être à la hauteur de l’enjeu si elle souhaite réellement « réduire le nombre de cas de violence et de crimes de haine à l’encontre de la communauté LGBTIQ ». « La reconnaissance politique du problème est une avancée essentielle, mais sans mesures contraignantes et sans budget durable, le plan d’action risque de ne pas produire les effets nécessaires sur le terrain », souligne Muriel Waeger, co-directrice de l’Organisation suisse des lesbiennes (LOS).

Les faîtières rappellent également que les recommandations adressées aux cantons doivent impérativement être assorties d’un caractère obligatoire. Dans un système fédéraliste, la lutte contre la violence et les crimes de haine ne peut dépendre de la seule bonne volonté cantonale. « Les personnes trans sont aujourd’hui particulièrement touchées par les discours de haine et la violence, à la fois individuellement et collectivement. Se contenter de traiter les symptômes et d’apporter un soutien d’urgence ne permet pas de régler le problème. c’est d’autant plus difficile qu’on doit constamment repousser des attaques de nos droits au niveau national et cantonal », déclare Jann Kraus, membre du comité de TGNS.

Enfin, Pink Cross, LOS, TGNS et InterAction saluent la volonté affichée d’impliquer les organisations non gouvernementales expertes dans l’application du plan d’action. Cette implication est non seulement pertinente, mais indispensable. Depuis de nombreuses années, ce sont les ONG qui assument une grande partie du travail de prévention, de soutien aux victimes, de documentation et de sensibilisation ; un travail qui relève en réalité des responsabilités de la confédération et des cantons. « L’expertise des organisations LGBT est reconnue à juste titre. Il est maintenant crucial qu’elle soit pleinement intégrée à toutes les étapes de la mise en œuvre du plan d’action, et qu’elle soit correctement financée », affirme Daniel Furter, secrétaire général de Pink Cross.

Les trois faîtières appellent ainsi le Conseil fédéral à renforcer le plan d’action par des mesures contraignantes, un financement pérenne et une stratégie proactive face aux attaques coordonnées, afin que la lutte contre les crimes de haine et la violence anti-LGBTIQ soit réellement efficace et durable.