En Suisse, les personnes victimes de discrimination au travail en raison de leur orientation sexuelle demeurent insuffisamment protégées. Le Conseil des États a rejeté la motion 23.3238 « Préciser la loi sur l’égalité », laissant ainsi persister une lacune juridique connue depuis des années. L’Organisation suisse des lesbiennes (LOS), Pink Cross, TGNS et Network critiquent cette décision, qui maintient malheureusement un climat d’insécurité pour de nombreuses personnes dans le milieu professionnel.

Muriel Waeger (elle), Autor:in de Muriel Waeger (elle) | 24.09.2026

La loi sur l’égalité interdit les discriminations fondées sur le sexe dans les rapports de travail. En 2019, le Tribunal fédéral a toutefois statué que les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle n’entraient pas dans le champ d’application de ce texte. Cette protection serait pourtant essentielle aux salariés·e·s lesbiennes, gays et bisexuel·le·s, afin de garantir qu’iels ne soient pas discriminé·e·s au travail ou à l’embauche en raison de leur orientation sexuelle. 

« Tout le monde devrait se sentir en sécurité sur son lieu de travail et pouvoir se défendre efficacement en cas de discrimination », déclare Daniel Furter, secrétaire général de Pink Cross. « La décision du Conseil des États est décevante : le problème est connu depuis longtemps et une solution ciblée était maintenant disponible. » 

La discrimination persiste pour les personnes concernées 

Cette lacune juridique est particulièrement flagrante chez les lesbiennes et les femmes bisexuelles, dont les expériences de discrimination sont souvent marquées à la fois par le sexisme et l’homophobie. « La réalité de la vie ne s’aligne pas sur les catégories juridiques », déclare Muriel Waeger, codirectrice de l’Organisation Suisse des lesbiennes (LOS). « Toute personne victime de discrimination dans sa vie professionnelle a besoin d’une protection efficace, que cette discrimination soit fondée sur le sexe ou sur l’orientation sexuelle. » 

Une opinion publique plus progressiste 

Sur le plan sociétal, cette précision aurait reçu un appui massif, selon une étude représentative de gfs en 2025, qui révèle que 84 % de la population suisse soutient une révision de la loi sur l’égalité dans ce sens. Ce soutien est partagé par l’électorat de tous les grands partis. 

Pour Pink Cross, la LOS, TGNS et Network, il reste nécessaire d’agir sur le plan politique. Ces organisations continueront à s’engager pour que les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles bénéficient d’une protection juridique efficace contre la discrimination au travail.